Triple Épreuve
Tout événement historique donne lieu à un compte rendu officiel intéressant à lire. Toutefois, dans certains cas, les témoins oculaires situés dans les coulisses sont en mesure de fournir un récit beaucoup plus fascinant. C’est le cas du Congrès de 1990 de l’UEDN à Montréal. À cette époque, l’Union, riche des cotisations provenant de ses plus de 25 000 membres, se trouvait encore dans une situation très avantageuse. Pourtant, selon une source fiable, cette rencontre laissait entrevoir trois questions très « épineuses » – certaines plus graves que d’autres.
Premièrement, le personnel national de l’UEDN s’affairait à négocier un nouveau contrat et était sur le point de déclencher une grève. Si cela s’était produit pendant le congrès proprement dit, les membres du syndicat se seraient probablement trouvés sur les lignes de piquetage à Montréal, ce qui n’aurait pas projeté une belle image de l’Union. Heureusement pour toutes les personnes concernées, cela n’a pas eu lieu.
Deuxièmement, les élections se sont déroulées tard dans la soirée du vendredi et un grand nombre de délégués, en particulier de l’ouest du Canada, étaient déjà repartis chez eux. Des candidats ont connu la défaite parce que leurs partisans ou leurs électeurs avaient quitté les lieux…, une situation certainement peu agréable à vivre. Subséquemment, on a décidé que, lors des congrès futurs, l’UEDN réserverait le transport de retour pour le samedi matin qui suivrait la fin des activités.
La troisième épreuve est celle qui a eu les répercussions les plus importantes. La base aérienne de Portage la Prairie s’apprêtait à fermer et personne ne semblait s’en soucier. Les membres de l’UEDN furent mutés à Winnipeg ou à Shilo, et les entrepreneurs civils se tournèrent vers la base de formation au pilotage. Comme la Force aérienne avait plus de biens immobiliers que de fonds, la proposition ne rencontra guère d’opposition. Malheureusement, elle créa un précédent fâcheux pour l’époque troublée qui se profilait à l’horizon. Aujourd’hui, l’opposition aurait jeté des bases plus solides pour combattre l’impartition et la réduction massive des effectifs qui devait avoir lieu au milieu des années 1990.
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