Direction Ouest!
Deux cent trois délégués inscrits et environ cinquante observateurs participent au congrès national de l’UEDN, qui se tient en juillet 1993 à Edmonton. Un débat animé s’engage pour savoir si l’ensemble des agents nationaux, des agents locaux et des membres de l’UEDN qui ont tenu la ligne de piquetage sous la bannière du syndicat de l’UEDN peuvent faire l’objet de mesures disciplinaires. Cette motion est rejetée par la majorité, car les membres avancent le fait qu’ils ne veulent pas qu’on leur dise quelle ligne de piquetage soutenir.
Le budget a été établi aux alentours de 10,5 millions de dollars, dont un montant d’environ 1,5 million sera consacré à la formation, aux conférences régionales et aux bourses d’études du Labour College : une affirmation de la haute valeur qu’accorde l’UEDN à ses membres. On discute d’autres points comme la traduction simultanée des réunions du comité exécutif national et la sélection de Bagotville pour le congrès de 1996.
Le fait saillant du congrès est l’élection du président national, Ken Hawley, qui compte à son actif dix ans à l’UEDN et se présente pour un nouveau mandat. Un groupe de membres, qui voit en Paul Millette du « sang neuf », s’oppose cependant à lui. Au banquet de jeudi, une majorité de délégués appuie Ken. On voit renaître dans les couloirs l’ancien syndicalisme de tractations, de promesses et de battage politique. Le lendemain de « la nuit des longs couteaux », Paul triomphe de Ken à l’arrachée.
Pour rester socialement progressiste, le congrès appuie une nouvelle initiative pour contrer la menace grandissante que représente le harcèlement. On demandera à chaque section locale de désigner une personne-ressource qui recevra une formation en matière de harcèlement. Dans le même sens, les délégués soutiennent l’élaboration d’un « portefeuille » qui sera assigné à un membre du comité exécutif national, de préférence membre du comité de relations patronales-syndicales. Le portefeuille contient tous les sujets de préoccupations des femmes.
Dans l’ensemble, le congrès jette des bases solides pour des temps qui allaient se révéler agités.
|