Historique
no 21

Premiers pas vers la négociation collective

Tommy Douglas

Nous tenons peut-être la négociation collective pour une chose acquise aujourd'hui, mais il fut un temps où la possibilité que le gouvernement l'adopte était presque nulle. L'un de ses premiers promoteurs a été Maurice Punshon, président provincial en Ontario. Dans le bulletin de juillet 1955, il émettait cette opinion : " La négociation collective rendrait les relations de travail beaucoup plus faciles pour le gouvernement en place, car cela éliminerait la politique de telles décisions, ce qui entraînerait des relations plus harmonieuses pour toutes les parties concernées. "

Ce point de vue fut repris cette année-là par le Congrès de l'Association des employés de la Défense nationale (AEDN), au cours duquel les délégués adoptèrent une résolution qui demandait de modifier la Loi sur les relations industrielles et sur les enquêtes visant les différends au travail (remplacée plus tard par le Code canadien du travail) pour permettre aux fonctionnaires d'avoir accès à la négociation collective. La résolution fut adoptée facilement après que les délégués eurent entendu le conférencier invité, Tommy Douglas, premier ministre de la Saskatchewan, leur dire à quel point son gouvernement était en mesure de s'adapter facilement à un régime de négociation collective avec ses employés.

Il y eut toutefois des doutes à savoir si la résolution allait être adoptée au congrès et, si oui, au sujet de ce qu'il en adviendrait à l'avenir. Comme l'a expliqué Ken Green : " Les délégués ont entendu tellement de fois dans le passé qu'il n'était pas possible d'accorder de tels droits aux employés du gouvernement fédéral sous prétexte que les ministres sont responsables devant la Couronne et ne peuvent, en conséquence, conclure une convention de ce type. "

L'année suivante, un mémoire présenté au gouvernement par la Fédération du Service civil du Canada demandait le règlement des griefs par voie d'arbitrage et comparait le Conseil national mixte du Canada au système du British Whitley Council. Ce dernier permettait l'arbitrage par un tiers des différends non résolus, comme le traitement et les indemnités, les heures hebdomadaires de travail et les vacances. La présentation fut bien accueillie par l'hon. Walter Harris, ministre des Finances, mais aucune suite n'y fut donnée.

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