Commission royale Glassco
En septembre 1962, la Commission royale d'enquête sur l'organisation du gouvernement (la Commission Glassco) a publié un rapport de 646 pages. La Commission avait reçu le mandat d'examiner l'organisation et les méthodes de fonctionnement des ministères et des organismes gouvernementaux du Canada, d'en rendre compte et de formuler des recommandations sur les changements à leur apporter pour promouvoir l'efficacité, les économies et un meilleur service dans la gestion des affaires publiques. La Commission avait suggéré une décentralisation radicale des pouvoirs et une pleine reddition de comptes pour ces derniers dans la poursuite de responsabilités et d'objectifs clairement établis.
 La recommandation de rendre les ministères responsables de l'efficacité de leur rendement et de leur déléguer les pouvoirs requis pour gérer leur propre personnel était d'une importance cruciale pour l'Association des employés de la Défense nationale (AEDN). L'AEDN estimait qu'un tel changement confiait une responsabilité accrue aux associations ministérielles comme elle-même, faisant ainsi échouer les plans de ceux qui préconisaient la création d'une seule grande association, en particulier l'Association du Service civil du Canada (ASCC), vieille ennemie de l'AEDN.
En outre, la Commission Glassco a affirmé qu'il fallait donc laisser les ministères concevoir leur propre système et mettre en place des structures de représentation acceptables pour leurs employés. L'AEDN s'estimait donc investie d'un nouveau rôle, considérablement élargi, auprès de la majorité absolue des employés de la Défense nationale. Des groupes dissidents comme l'ASCC ne seraient plus autorisés à " mettre des bâtons dans les rouages d'une machine qui fonctionne bien ".
Le regain de dynamisme de l'AEDN dans ses campagnes d'adhésion a touché une corde sensible chez l'ASCC, dont le président, Carl Best, s'en prit aux tactiques de syndicalisation de l'AEDN, les qualifiant de contraires à l'éthique. Pour sa part, Ken Green interpréta cette attaque comme un compliment, en concluant que " c'est à ce qui fait le plus peur que l'on jette de la boue en premier ".
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