La force est dans le nombre
L'Association des employés de la Défense nationale (AEDN), lors de son congrès de 1955, n'est pas parvenue à prendre une décision sur la question de joindre les rangs d'une plus grande " centrale syndicale ". Elle a néanmoins demandé à l'Exécutif national d'étudier la question. Qui pourrait contester la logique de se joindre à d'autres travailleurs de tout le Canada pour lutter plus efficacement pour les droits de tous les camarades ? Qui aurait cru qu'il faudrait 11 ans pour prendre une décision aussi simple!
L'année suivante, la fusion entre le Congrès des métiers et du travail du Canada et le Congrès canadien du travail en vue de créer le Congrès du travail du Canada (CTC) semblait être le moment parfait pour sauter dans le train en marche. Toutefois, au cœur de cette euphorie, une campagne d'adhésion menée sur une base de la Défense nationale par un syndicat affilié au CTC a plutôt tempéré les ardeurs. Non découragés, le président, Jim Wyllie, et le secrétaire-trésorier, Ken Green, ont continué de faire valoir l'idée de l'affiliation. Cependant, un autre problème est survenu relativement à la question des hommes de métier de l'AEDN qui avaient une double adhésion dans leurs organisations ouvrières respectives. L'affaire s'éternisait.
Les congrès de l'AEDN de 1958, de 1961 et de 1964 ont demandé à l'exécutif d'établir des rapports plus étroits avec le CTC. Cependant, les membres ont alors commencé à se préoccuper du fait que l'affiliation au CTC pouvait vouloir signifier " un soutien à un parti politique ", une idée qui ne les séduisait pas.
Le grand événement est enfin arrivé en mars 1966 : l'AEDN a tenu un référendum et plus de 90 pour cent des membres se sont prononcés en faveur de l'affiliation au CTC. Mais tous les obstacles n'avaient pas encore été levés. Au cours des mois suivants, l'AEDN allait devenir l'Union des employés de la Défense nationale. Il fallait obtenir une autre approbation. De nouvelles assurances fortuites quant au respect de la neutralité a convaincu les membres présents au congrès de fondation de l'UEDN de poursuivre leur affiliation au CTC. Le syndicat de la Défense avait enfin trouvé sa place dans le grand mouvement syndical.
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