7 mars 2007

Évaluation de la prestation des services de technologie de l'information

de Richard Morin

Les réunions du comité de consultation et du groupe de GI se sont arrêtées à l’été 2006 et n’ont repris que récemment à force de pressions.
Ce projet a entraîné de nombreux changements dans le personnel de direction; seul un représentant de la direction présent à la réunion de mars avait déjà fait partie du comité.

À des fins d’éclaircissement, lorsque la direction utilise le terme « consolidation » pendant ces réunions, elle fait référence au processus initial par lequel les fonctions de TI‑GI, leurs équipements et leur personnel sont retirés du contrôle des organismes actuels pour être placés dans une cellule de rétention au sein de l’organisme de GI. La consolidation sera suivie de la phase de « rationalisation » pendant laquelle les processus seront réorganisés et simplifiés, et les redondances supposées seront éliminées. C’est à ces processus que je fais allusion lorsque j’utilise ces termes.

Transferts des organismes au groupe de GI

Jusqu’à présent, deux groupes au sein de la RCN à la SMA (GI) ont terminé leurs transferts. Au total, 55 postes civils ont été concernés. À ma connaissance, seuls 2 ou 3 postes classés SA ont été concernés, les autres postes étant des postes de CS représentés par l’IPFPC.
On prévoit qu’entre avril et mai 2007, la DSIG, la DIRHG, la DSGIE et la SMA (RH-Civ) et la DDPI seront transférées au groupe de GI. Le transfert de ces organismes est actuellement en cours et la direction semble confiante quant à la possibilité de terminer le processus dans les délais impartis.

Ces transferts concerneront un grand nombre de postes et il est probable qu’outre le transfert des fonctions de TI-GI de certains groupes, le transfert de quelques postes administratifs et de soutien logistique actuels soit nécessaire. Davantage de postes représentés par l’UEDN sont donc susceptibles d’être touchés.

Les représentants syndicaux au comité ont demandé le détail des groupes de classification des postes devant être transférés au groupe de GI. Cette information devrait être accessible à tous les organismes qui commencent leur processus de consolidation et nous permettra, à mesure que le projet évolue, de surveiller la mesure dans laquelle nos membres sont concernés. La direction a accepté de donner cette information et les premières données devraient être accessibles avant la prochaine réunion prévue pour la fin avril.

De nombreux organismes de la RCN n’ont toujours pas commencé leur processus. Actuellement, la direction mentionne le 31 mars 2008 comme date limite pour la consolidation de ces groupes. Globalement, il semble que le processus de consolidation ait un rythme beaucoup plus lent que prévu initialement; à presque toutes les réunions, on voit les dates limites se déplacer vers la droite.

Il y a de fortes chances pour que des postes puissent être reclassés et transférés à un groupe de classification différent pendant ce processus. Cela s’est déjà produit dans plusieurs cas et les détails seront communiqués et discutés pendant les prochaines réunions. À cette réunion, on a également exprimé des inquiétudes. Il semble, en effet, que certains concours visant à pourvoir des postes auparavant occupés par des entrepreneurs sont structurés de façon à favoriser certains particuliers.

On nous a donné des exemplaires papier du rapport final de Gartner. Ce rapport, que nous avions demandé il y a déjà quelques temps, consistait en un aperçu de l’infrastructure et de la gestion des TI à 24 endroits du pays. Cette évaluation représentait le commencement de tout le processus de rationalisation des TI-GI. Aujourd’hui, le Ministère indique qu’il n’utilisera pas cette information, ce qui est malheureux dans la mesure où, dans la dernière analyse, les données indiquaient que la gestion des TI du MDN était comparable à ce même type de gestion d’autres organismes.

Le projet pilote du Québec

L’élément le plus critique à l’ordre du jour était l’annonce de la mise en œuvre imminente d’un projet pilote au Québec qui concernera toute l’infrastructure des TI non tactiques du MDM et le personnel correspondant de la région. Ce projet est censé élaborer des méthodologies de consolidation que l’on pourra utiliser dans d’autres régions. Nous savons que le groupe de GI a prévu un projet pilote, mais nous avons été informés dès le départ qu’il serait mené après le processus de consolidation à Ottawa et non pas pendant le processus. Autre changement : Bagotville fait désormais partie de ce processus.

Les représentants syndicaux ont exprimé leur inquiétude quant à l’application à tout le pays d’un modèle élaboré entièrement dans une seule région. Le problème réside dans le manque de constance entre les régions en matière d’équipements, d’infrastructures, de logiciels, de types et de nombre de membres du personnel de soutien, et dans la façon dont ils sont organisés. Chaque région présente une combinaison différente d’éléments aériens, terriens et navals. Ces éléments ont tous des objectifs de missions différents et ont élaboré des stratégies de TI différentes pour les atteindre. En conséquence, ce qui pourrait ne représenter qu’un ajustement mineur dans une région peut représenter une perturbation majeure dans une autre. On doit également noter que l’idée actuelle est d’appliquer le modèle du Québec, une fois qu’il sera terminé, à toutes les régions simultanément et non pas une par une, comme cela était prévu au départ. À l’heure actuelle, le 31 juin 2007 est la date limite pour terminer l’exercice de consolidation au Québec et le 31 mars 2008 est celle de la consolidation dans le reste du pays.

L’annonce que le projet pilote serait mis en œuvre, non pas par le groupe de GI, mais par le personnel de l’armée du Québec (SQFT) était encore plus préoccupante. En effet, le groupe de GI a « sous-traité » cette portion du projet. Cela amène un groupe complètement nouveau à la table des discussions qui n’a pris part à aucune discussion précédente et qui peut très bien avoir ses propres objectifs. Cela veut dire que le groupe de GI aura au mieux un regard distant sur la situation et je ne suis pas convaincu qu’il sera capable de surveiller efficacement la situation sur le terrain. La discussion de la réunion a également laissé à penser que l’on donnait au personnel de l’armée au Québec une latitude assez large pour mettre en œuvre le projet pilote. Le projet peut donc facilement prendre une autre direction et une autre forme que prévu à ce jour, particulièrement maintenant que la base aérienne de Bagotville fait partie du projet. Apparemment, le groupe de GI émet également des réserves à ce sujet; on nous a dit que « … pour maintenir la visibilité et évaluer les progrès du projet, un dirigeant du groupe de GI sera nommé à Montréal. »

Aucune information sur la façon dont ce projet pilote doit progresser n’est accessible. On nous a informé qu’une séance d’information a été tenue à Valcartier le 28 février, mais la teneur de cette séance n’est pas accessible au-delà du fait que l’idée de former un « comité » à Valcartier a été retenue. Les représentants syndicaux ont émis des objections à ce sujet; nous pensions qu’un projet ayant des implications potentielles pour les employés de toute la région avait besoin de rétroaction de plus d’une base. Nous aurions également aimé obtenir des renseignements sur le mandat de ce comité ainsi que sur sa composition.

Résumé et conclusions

Ce projet a progressé, mais beaucoup plus lentement que prévu. En fait, il semble que l’une des raisons pour lesquelles le Ministère accélère son programme en mettant le projet en place simultanément dans les régions et en sous-traitant le projet pilote du Québec constitue une tentative de respect de ses propres délais.

En ce qui concerne le projet pilote du Québec, les annonces effectuées à cette réunion ont provoqué plus de questions que de réponses. Par exemple, si le SQFT a vraiment la latitude que nous soupçonnons, quels sont ses plans et que dit-il à la population sur le terrain au Québec? Cela correspond-il à ce que le groupe de GI nous dit à Ottawa? Peut-on consulter le dirigeant qui se retrouve parachuté à Montréal? Les gestionnaires de projet au Québec nous présenteront-ils en détail les organismes, les postes et les classifications de postes concernés que l’on nous a promis dans le cadre de la réorganisation au sein de la RCN? Tels que le Ministère les a décrit, les processus consultatifs pour cette partie du projet semblent limités et faibles. Il semble ne pas y avoir de plan de communication. Voilà les questions que nous avons abordées et que nous approfondirons avec le Ministère à mesure que le projet progressera au Québec. Si l’on garde à l’esprit le fait que le projet pilote aura des répercussions sur le reste du pays, il serait bien d’avoir un aperçu du processus et de pouvoir le critiquer à mesure que le projet est déployé plutôt que devant le fait accompli. N’oublions pas non plus que les représentants du groupe de GI ne seront plus directement liés au processus, ce serait donc une bonne idée de garantir une bonne communication bilatérale au sein de notre réseau. Je suis certain que l’on informera bientôt le groupe de GI de la façon dont le projet est déployé contrairement à la façon dont il pense qu’il est déployé, fondé sur des rapports de seconde main.